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Les personnes âgées se sentent abandonnées Ils sont en colère. A tel point qu’ils ont fait des pétitions, écrit au maire et même au président de la République. Les retraités qui vivent dans les trois résidences pour personnes âgées de Viry-Châtillon pestent contre la modification des horaires du personnel. Depuis la fin du mois de juin, il n’y a plus d’employé municipal pour veiller sur eux le matin, de 6 heures à 8 heures, et le soir, de 18 heures à 20 heures. Et, le week-end, ils sont seuls de 6 heures à 20 heures. Une absence qui inquiète les personnes âgées, qui se disent abandonnées». «Si nous avons un problème d’incendie, le bâtiment a le temps de prendre feu, et les résidents avec. Si nous avons des personnes avec une santé précaire, ils restent sans aucune visite pour surveillance», écrivent les locataires du foyer Husson dans leur lettre de pétition. L’inquiétude est d’autant plus grande qu’un incident s’est produit il y a quelques semaines dans cette résidence située en plein centre-ville. De mauvais plaisantins ont envoyé un énorme pétard dans un couloir de ce petit immeuble où vivent une cinquantaine de locataires âgés. «Ça a fait un bruit terrible et ça a noirci le couloir. Heureusement que la moquette est ignifugée, sinon cela aurait mis le feu, témoigne Michèle Dumas, qui habite là depuis deux ans. C’était le même engin que celui qui a mis le feu à un appartement à Paris et qui a provoqué un incendie mortel!» «La directrice, présente au moment de l’incident, a pu aller porter plainte au commissariat et faire venir une patrouille de police. Mais que se serait-il passé si elle avait été absente ?» interroge Jean-Marie Vilain, le chef de file de l’opposition (NC), qui demande à la commune de continuer à assurer une présence humaine 24 heures sur 24. A la mairie, on répond que les locataires ne sont pas livrés à eux-mêmes. «Il n’y a aucun problème de sécurité. Une astreinte téléphonique permet aux locataires de joindre un directeur de permanence si personne n’est présent dans la résidence», souligne la maire Simone Matthieu (Parti de gauche). Et l’élue d’expliquer que ces changements d’horaires du personnel sont dus à une volonté d’«optimiser les moyens» de la ville dans un contexte financier difficile. Des arguments qui ne convainquent pas les retraités. Monique Capdevielle, une habitante de la résidence la Forêt, s’emporte : «Certains habitants sont très âgés et ont besoin d’une présence permanente. L’astreinte téléphonique ne suffit pas. Un matin, à 7 h 15, j’ai tenté de joindre le directeur pendant trois quarts d’heure parce qu’un monsieur de 90 ans faisait une insuffisance respiratoire sévère. J’ai dû gérer tout moi-même, appeler les pompiers et le Samu!» Sandrine Binet Le Parisien du 18 août 2010
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